ces chiens qui se battent

j’mâche pas mes mots

mais j’en bouffe les ¾

j’mâche pas mes mots

mais j’les crache par terre

et par le biais de tes baisers

par le biais de tes baisers

je prends mon pied

on s’est biaisé, tu sais

on s’est baisé

ça a duré longtemps, pourtant

bien longtemps

un peu trop

à force de me faire des toiles

dont je n’avais rien à cirer

j’me sens sur la fille du rasoir

et j’ai voulu lacérer dans mes bras

dans d’beaux draps

satin à rien, parfois

j’ai mis tes yeux en orbite

de tes regards je n’suis qu’un cil

faudrait que j’mette mes poings sur tes îles

hisser l’pavillon noir

et sur la terre ferme

y’a des chiens qui se battent

se déchirent

et s’enterrent

puis se paient un dernier ver

moi je n’suis rongé que par le remords

et encore, pas tout l’temps

j’n’en ai pas toujours le temps

ni l’envie

je m’occupe à faire disparaître la nuit

à n’en laisser que ses étoiles

au fond des vécés

puis j’laisse la lune

au cas où

paraît que l’soleil a rendez-vous

et faut pas le contrarier

il est jaloux

et féroce

comme ces chiens qui se battent

se déchirent

et s’enterrent

peut-être que j’me répète

mais j’veux pas qu’tu t’inquiètes

c’est juste que j’suis troublé

on m’a traité d’ange déçu

c’est sûrement parce que je n’te vois plus

dormir à l’ombre de mes ailes

mais en fait t’as raison

on n’a pas besoin d’aile

ni d’ombre ni de raison

on va se faire notre place au soleil

et puis merde aux étoiles

et puis merde à la lune

et aux chiens qui se battent

ils n’auront pas nos os à ronger

à ronger

vivement les plages d’impérissable

on n’a pas fini de se marrer

de se marrer